(Nouveauté pour la saison 2018/2019) – Le iaïdo

 

 

 

 

Saison 2018/2019

 

 

 

 

 

LES ORIGINES DU IAIDO

 

Dans l’ancien Japon, des Samouraï de talent inventèrent une technique de sabre visant à s’adapter instantanément à toutes les situations combatives.

 

A travers l’entrainement, le guerrier cherchait à maitriser le maniement du Katana. Il cherchait notamment à pouvoir dégainer rapidement et couper dans le prolongement de la sortie du sabre, pour gagner un temps infime mais vital sur l’adversaire.

 

Il cultivait l’économie du geste et la mobilité corporelle, ainsi que la puissance et la précision de la coupe. Il accroissait sa disponibilité au combat en variant rythme et dynamique. De son adresse dépendait sa survie, mais aussi sa renommée. Il innovait en tactique, s’élevait en stratégie. Même en temps de paix, le Samouraï recherchait à développer le Bujutsu (Arts martiaux) et le Hyoho (Stratégie).

 

Les Samouraï ont participé sur les champs de bataille à des centaines d’années de guerre, mais ils étaient aussi conscients des limites du combat individuel. De ce constat est né le Bushido. Le Bushido intègre d’anciennes techniques de survie qui étaient destinées à combattre et à tuer ses adversaires. Cependant à la période Heian beaucoup de Bushi se sont convertis au Bouddhisme, qui leurs enseignait la compassion envers leurs ennemis. C’est pour cette raison que de nombreux Budo, impose à ses élèves de rechercher et de suivre la voie (Do).

Le Bujutsu embrasse une double philosophie : celle d’être efficace en temps de guerre, mais aussi celle d’être utile en temps de paix pour développer le caractère et l’esprit.

La mort était l’essence du Bushido. La beauté de l’existence d’un guerrier résidait dans sa volonté à tout moment de donner sa vie et de se préparer physiquement et spirituellement afin d’agir résolument, sans se poser de question.

 

Les Samouraï devaient être bien élevés et surtout maître en arts martiaux, mais ils ne devaient jamais devenir un tueur. Ils devaient être capables de voir sereinement l’essence de toutes choses. Cette lutte pour la beauté de la vie et de la mort, était au centre des arts martiaux traditionnels.

 

 

PRESENTATION DU IAIDO

 

Le terme Iaïdo est composé de 3 Kanji signifiant approximativement :

 I : Vivre, Exister

 Aï : L’harmonie, l’union

 Dô : La Voie

Iaïdo peut donc se traduire par la voie de la vie en harmonie, ou exister en union avec la voie.

 

Le Iaido (Souvent aussi appelé Iai) regroupe un ensemble de techniques d’escrime au sabre long Japonais (Katana) qui consistent à dégainer et couper dans le même mouvement. Et cela de préférence avec un véritable Katana, dont le tranchant sans égal, interdit toute reprise.

 

La première attaque n’est jamais létale, elle permet de gêner la perception de l’adversaire, en lui portant des Atemi au visage, au plexus et aux mains, ou en le coupant superficiellement au niveau des yeux, de la poitrine.

 

Les techniques consistent en attaques, parades et contre attaques comprenant des coupes létales.

 

La lame est ensuite « essorée » du sang qui la macule et rengainée.

 

Les origines du Iaido remontent au Moyen-Age japonais à la période des guerres (Sengoku-jidai entre le 14éme et le 17éme siècle).

 

La sécurité était précaire et le guerrier (Samourai ou Bushi) portait en permanence le Katana passé dans la ceinture le tranchant tourné vers le haut.

 

Les Bushi avaient remarqué que lors d’attaques imprévues (Au détour d’un carrefour, à l’intérieur d’un bâtiment), c’est la rapidité avec laquelle on dégainait et on enchaînait une contre-attaque qui permettait d’acquérir un avantage fondamental dans le combat.

 

C’est de cette observation qu’est né le Iaido.

La pratique de cet art martial exige un esprit solennel, une concentration extrême et de l’habileté. Chaque mouvement, tels que les mouvements de vos bras, de vos jambes et de votre corps, doivent correspondre aux mouvements offensifs de votre adversaire et il est très important que le pratiquant suive et applique complètement et soigneusement, les règles de la discipline.

 

Le secret du Iaido, « ‘Un esprit calme ». Le cœur serein, vous mettez votre main sur la Tsuka de votre sabre et en une fraction de seconde votre main sort le sabre pour réaliser une coupe, puis vous retrouvez votre esprit calme.

 

L’esprit serein doit être cultivé à tout moment. Il est dit que le sabre est comme l’esprit. Si le sabre est en position verticale, l’esprit est à la verticale, mais si l’esprit n’est pas honnête, le sabre ne peut jamais être utilisé correctement.

 

Même si vous vous consacrer à sa pratique avec tout votre cœur et toute votre âme, il vous sera très difficile de maîtriser complètement le Iaido. Cependant, il vous sera possible, à travers la pratique, d’évoluer d’étape en d’étape vers le but ultime.

 

Dans les temps reculés, le Iai était aussi apellé « Saya no uchi » (Litt : sabre au fourreau) qui signifiait que le combat pouvait être gagné sans sortir son sabre.

 

Le Iaido dont le but ultime n’est jamais l’agressivité, est une véritable école de formation morale et physique, qui recherche la perfection humaine au travers de la pratique. Dans le Iaido, la formation de l’esprit a plus d’importance encore que la formation technique. La finalité du Iaido n’est donc pas de contrôler ou de couper un ennemi, mais plutôt de maitriser son propre EGO.

 

LES TECHNIQUES DE BASES DU IAIDO

 

L’essentiel de la pratique du Iaido consiste en l’apprentissage et l’exécution de Kata, séquences de mouvements précis, s’exécutant la plupart du temps seul et correspondant à un scénario, en recherchant la perfection dans le geste. Un Kata exécuté correctement est dépourvu de gestes superflu, clair, fluide, sans la moindre confusion. Cette remarquable sobriété donne à l’artson esthétique. Les Kata sont des combats réglés qui paraissent très éloignés d’une réalité imprévisible, voir aléatoire.

 

Il existe dans la langue Japonaise 2 idéogrammes qui veulent dirent « Kata », qui malgré leur même prononciation, ont un sens différent :

 

– Le premier peut se traduire par « Moule » ou « Cadre », c’est à dire la forme dans laquelle il faut se fondre, mais c’est une signification plutôt statique.

 

– Le deuxième idéogramme exprime plutôt une idée de mouvement, de principe. C’est aujourd’hui, celui qui prévaut et qui est employé dans la plupart des Koryu.

 

Certaines écoles proposent des séries de Kata à deux.

 

Ces formes constituent autant de supports à l’enseignement et permettent la transmission de l’ensemble des techniques d’une école. Les Kata ont donc une valeur technique, tactique et éducative.

 

Les Kata se composent à la base des quatres mêmes étapes :

– Dégainé et première coupe (Nukitsuke ou Nukiuchi)

– Coupe principale (Kiri oroshi) – Nettoyage de la lame (*Chiburui ou Chiburi, qui est sujet à controverse quant à sa prononciation et à sa fonction réelle)

– Rangement de la lame dans le fourreau (Noto) De nombreuses variantes, coupes, frappes d’estoc, frappes avec la poignée du sabre, sont ajoutés dans certains Kata.

 

Les Kata démarrent soit debout (Tachi iai), soit à genoux au sol (Seiza), soit dans une position avec un seul genou au sol (Tate hiza).

 

LA PRATIQUE DU IAIDO

 

Le Iaido se pratique dans une tenue que l’on appelle Keikogi ou vêtement d’entraînement composé d’une veste et d’un pantalon ample appelé Hakama, le plus souvent de couleur noire ou blanche (Le choix de la couleur dépends parfois des écoles).

 

Une ceinture large (Obi) est serrée à la taille sous le Hakama, dans laquelle le pratiquant passe le sabre.

 

L’étude à lieu dans une salle avec un plancher, appelée Dojo .

 

Pour les démonstrations (Enbu), les pratiquants revêtent la tenue traditionnelle plus formelle appelée Montsuki-Hakama qui rappelle la tenue des Bushi en ville. Comme son nom l’indique la veste est décorée des blasons (5 kamon) de famille.

 

LE SABRE DE IAIDO

 

Une très grande partie de l’intérêt du IAIDO réside dans l’utilisation d’un Sabre (Katana) authentique.

Toutefois il s’agit d’une arme coûteuse (Certaines lames anciennes sont davantage considérées comme des oeuvres d’art que comme des armes) et les débutants jusqu’à un stade assez avancé de leur pratique peuvent utiliser un sabre factice ( Iaito ou Mogi-to ).

 

Ceci leur permet en outre de s’entraîner sans danger ni pour eux ni pour les autres pratiquants.

 

DESCRIPTIF DU IAÏTO

 

 

 

 

LE MOKUSO

Le Mokuso est une courte méditation pratiquée en Iaido avant de commencer un entrainement, dont le but est précisément de mettre le mental en condition de parfait apaisement et de réceptivité (En mettant de côté, les soucis de la journée) par la sensation d’ « Etre, ici et maintenant », concept très similaire au concept Zen de « Mushin » (Vide mental absolu). Il se pratique en Seiza (Au sol), les yeux fermés, le sabre posé à la droite. Le Mokuso s’effectue avec le Dhyani Mudra ou Mudra de l’élimination de l’illusion. Les deux pouces représentent l’Ame universelle qui se joignent pour faire circuler l’énergie spirituelle. La main gauche posée dans la main droite, paumes vers le ciel, les pouces ne se touchent pas (Symbolisant la dualité, In / Yo et la recherche du Satori) ou comme sur la photo, se touchent à partir du moment où l’on a atteint le Satori (État mental Zen, illumination). Les mains ont la forme d’une coupole vide qui incite à méditer sur le vide. Ce Mudra est souvent associé au Bouddha. Le dos de la main droite repose sur la paume gauche, les bouts des pouces se touchent légèrement. La main droite, reposant sur le dessus, symbolise l’état d’éveil, la gauche, se reposant dessous, le monde de l’apparence.  

MOKUSO EN POSITION DE DHYANI MUDRA

Il n’y a donc pas d’objectif à gagner, où à être le meilleur ?

En Iaido, il ne devrait pas y avoir de compétition. Il devrait y avoir seulement des rencontres, dans lesquelles on démystifierait le problème de la compétition. La compétition fait reculer l’être humain et le détourne de l’esprit du Budo.

En occident, toutes les disciplines fonctionnent pourtant sur ce principe. Il faut alors bien être conscient qu’il s’agit de sport et non plus de Budo Japonais. On enlève ainsi, toute l’essence de ces disciplines, au profit de quelque chose d’immédiat. Dans notre société actuelle, une activité comme le Iaido qui correspond à l’esprit du Budo peut permettre d’aider les gens. Le Budo amène une discipline et une mentalité très importantes dans la vie. Les disciplines martiales traditionnelles portent en elles une valeur inestimable pour l’être humain. Elles régissaient la vie des Samouraï, ce temps est révolu, mais il reste une essence qui doit perdurer.

LA VOIE DU SABRE ET SA PHILOSOPHIE

Notre esprit occidental a une très grande difficulté à concevoir comment l’idée du sabre, qui symbolise précisément une arme de mort, peut être liée à une idée de sagesse et plus encore à la notion de Voie ou « Do », « Michi« .

Pourtant, certainement plus que les sagesses traditionnelles auxquelles nous sommes accoutumés, plus que l’idée de la contemplation, du travail sur soi, de renoncement au monde, de renoncement aux choses de la vie et plus l’idée ascétique qu’elle suppose, « La voie du Sabre », dans sa définition ultime, inclut en elle même toutes les démarches les plus essentielles de la sagesse et, d’une certaine manière, porte leur expression jusqu’à l’absolu.

Evidemment, nous ne sommes pas au Japon et nous n’avons plus les conditions requises et même il nous est extrêmement difficile de concevoir ce que pouvait être la définition et l’application de « La voie du Sabre » au Japon.

Le Iaïdo peut se traduire par la voie de la vie en harmonie, ou exister en union avec la voie.

La tradition qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours dans les Koryu (Ecoles anciennes), nous donnent une idée approchante, une représentation de ce que pouvait signifier cette Voie. Savoir développer les vertus du courage et de la maîtrise de soi dont l’objectif est de tendre vers l’homme complet.

L’apprentissage du Iaido est très difficile et non immédiat. Comme le Budo, le Iaido est une histoire de passion, de volonté et de sérénité, c’est l’expérience d’une vie. Beaucoup de pratiquants abandonnent leur quête en cours de route, car le chemin est long, pénible et les illusions nombreuses. Soyez durs avec vous-mêmes et tolérants avec les autres.

Lorsqu’un art martial devient un « Michi » , une voie, Bu-shi-do devient Bu-do.

Le souhait de perpétuer la tradition et d’encourager une pratique spirituelle inestimable et en accord avec l’esprit du Budo.